…de la quête spirituelle Sheikh Imran Hosein

             

 

 

        BUTS CONDITIONS  ET PRATIQUE DE LA QUÊTE                  

                                                                        SPIRITUELLE  EN ISLAM

                                                                           & A  LA FIN DES TEMPS

 

                                                                                                        par MAULANA  SHEIKH  IMRAN  NAZAR HOSEIN

 

 – Nous commençons par le Nom Béni de Allah, nous Le prions et nous Le glorifions comme Il se doit d’être glorifié et nous prions pour que la paix et la bénédiction soit sur tous Ses nobles messagers et en particulier le dernier parmi eux, le Prophète béni Muhammad (paix et bénédictions de Dieu sur lui, par la suite : pbdl).

 

Le Prophète Muhammad (pbdl) a averti à propos d’une terrible époque à venir, la pire que l’humanité connaîtra, et ce, depuis les jours d’Adam. Très peu y survivront. Un instigateur terrible et maléfique [il s’agit ici du <Massîh ud-Dajjâl>, le Messie Trompeur, celui qui essaiera de se faire passer pour Jésus, fils de Marie, le Véritable Messie et Verbe de Dieu – NDT] va tenter de prendre le contrôle du monde. Et c’est de cet instigateur terrible et maléfique que fait allusion Dieu quand Il dit :

Dis : « Je cherche protection auprès du Seigneur de l’Aube naissante, contre le mal qu’Il a créé » »
Sourate 113 – Versets 1-2

Ce terrible et maléfique instigateur va tenter d’imposer son diktat maléfique et oppresseur sur le monde entier et d’induire en erreur l’humanité. Il est Docteur ès tromperie. C’est qu’en ces temps, les choses ne seront pas ce qu’elles semblent être. L’apparence et la réalité seront totalement opposées. C’est ainsi qu’il va faire que le chemin menant au Paradis apparaisse comme menant en Enfer, et que le chemin menant en Enfer apparaisse comme menant au Paradis.

Ceux qui pensent que la connaissance n’est qu’empirique seront incapables de percer la tromperie. Ils ne feront que des jugements sur la base de la connaissance empirique et seront trompés. Ils se croiront sur le droit chemin alors qu’ils s’approchent plutôt de l’Enfer, sans même s’en rendre compte.

Le but de la quête spirituelle est le but ultime de la vie de ce monde, c’est-à-dire de la halaqatul zikr [la capacité de voir ce qui ne peut être vu autrement]. Le but ultime de cette vie donc, qui n’est autre qu’une quête spirituelle, est l’acquisition de connaissance spirituelle.

La connaissance spirituelle nous vient lorsque la connaissance empirique et la connaissance intérieure sont harmonieusement imbriquées. Dieu fait référence, dans le Saint Coran, à un peuple n’ayant aucune connaissance intérieure; qui n’est pas en quête spirituelle, ou alors qui l’est effectivement mais sans être conscient du but réel d’une telle pérégrination, en s’imaginant qu’en fin de compte la quête spirituelle a pour finalité la karamah [faits qui se rapportent à ce que les Prophètes ont accompli comme miracles] alors qu’elle est fondamentalement la recherche de connaissance intérieure. Et Il ajoute, à propos de tels hommes intérieurement aveugles :

Ils ont des cœurs, mais ils ne comprennent pas ;
Ils ont des yeux, mais ils ne voient point ;
Ils ont des oreilles, mais elles n’entendent guère ;
Ils sont tels du bétail.

Sourate 7 – Verset 179

Ce genre d’hommes, qu’on retrouvera en abondance en cette époque, sont tout à fait comparable aux bestiaux. Eh oui, même un docteur de l’Université du Cap!

Non, ils sont mêmes pires.

Ils sont donc même plus égarés encore que les bestiaux. Or c’est là que réside le but ultime de cette vie.

Ainsi que mon professeur Maulana Dr Muhammad Fazlur Rahman Ansari me l’enseigna, le prophète Muhammad (pbdl) dit :

Redoutez la connaissance intérieure [l’intuition, la perspicacité] du croyant car lorsqu’il voit, il voit avec la Lumière de Dieu.

Nous pouvons désormais nous intéresser brièvement au sujet de la Lumière de Dieu et comment Elle peut pénétrer dans le cœur.

Tout d’abord Elle n’entrera pas si nous avons du haram [illicite] dans la poche ou si nous avons des fonds déposés sur un compte rémunéré et que nous vivons de l’intérêt, ou que nous escroquions nos clients, ou que nous payions un travailleur le salaire d’un esclave… La purification du cœur est prioritaire et ne peut se produire d’abord que par une conduite vertueuse et droite, c’est pourquoi la tazkiyyah [la purification] précède l’Ihsân [l’excellence du comportement].

Ainsi, certains des compagnons du Prophète béni étaient en voyage et la nuit tomba. Ils étaient épuisés et affamés. Ils vinrent à une tribu qui n’était pas musulmane. Ces derniers étaient idolâtres ; néanmoins la traditionnelle hospitalité arabe a fait croire aux compagnons qu’ils pourraient être bien reçus. Pourtant, on leur refusa l’hospitalité, car nul de cette tribu ne voyait du bien dans la nouvelle religion, l’islam.
Eh bien ! Ils s’installèrent tout de même pour passer la nuit. Mais durant cette nuit, un serpent mordit le chef de la tribu, dont aucun des membres n’avait le remède. Il serait mort au matin. Alors ils se rendirent auprès des compagnons du Prophète et demandèrent : « Auriez-vous quoique ce soit pour nous aider ? Notre chef va mourir. » A quoi ils répondirent : « Puisque vous nous avez si mal traités, si nous vous aidons, vous devrez en payer le prix.«

– « Combien ? »
– « Cent moutons. »
– « Très bien.

Un des compagnons s’approcha et récita sourate al-Fâtiha, il souffla sur le chef qui fut guéri. Alors ils récupérèrent les cent moutons et retournèrent à Médine. Ils allèrent au Prophète et lui dirent :

– « O Messager de Dieu ! Voici ce qui s’est passé [ils lui racontèrent]. Pouvons-nous garder les moutons ? »
– « Oui. Gardez les moutons parce qu’on rémunère habituellement un service pour moins que ce que vous avez fait. »

Et il ajouta à cela que dans la sourate al-Fâtiha, il y a un remède à toute maladie.

Ainsi, sourate al-Fâtiha n’est pas seulement Fatihatul Kitab [celle qui ouvre, introduit le Livre/Coran], elle « ouvre » bien davantage que le livre. En fait, elle ouvre l’accès à la Lumière de Dieu parce que sourate al-Fâtiha est un remède à toute maladie, c’est ce qui se déduit logiquement de ce qui va suivre.
Dieu est Le Guérisseur [l’un de Ses 99 Noms-Attributs – NDT]. De Lui provient la guérison, seul Lui peut guérir. Pas les hôpitaux, pas le docteur, Seul Dieu peut guérir. D’où il sort que si la sourate al-Fâtiha atteintDieu, alors sourate al-Fâtiha pourra permettre à l’invocation d’être acceptée. C’est alors que toute maladie pourra être guérie.
Ce ne sont point mes mots, ce sont les mots de celui à qui a été enseigné le Coran.

Intéressons-nous à savoir comment sourate al-Fâtiha peut ouvrir la Voie vers Dieu pour comme atteindre Dieu.

C’est Lui qui a créé pour vous tout ce qui existe sur la Terre et qui, ensuite, S’est occupé du firmament pour en tirer avec harmonie Sept Cieux.
Sourate 2 – Verset 29

Il y a désormais entre Son Trône et notre monde ces Sept Cieux. Il conclut ensuite avec ces versets :

Et Il [Dieu] est sur toute chose …

Il ne dit pas Dominateur (ou Omnipotent [NDT]). Il dit :

Et Il [Dieu] est sur toute chose Connaisseur (i.e. Il est Omniscient [NDT]).

Nous disions qu’entre notre monde et le Trône, il y a les Sept Cieux. Dieu les a par ailleurs décrit comme comportant de la Lumière, car n’a-t-Il pas dit :

Dieu est la Lumière des Cieux et de la Terre
Sourate 24 – Verset 35

Donc les Sept Cieux ont de la Lumière. Mais plus loin il fait mention dans le Coran de :

Sept Versets qu’on répète à chaque Salât
Sourate 15 – Verset 87

Qui sont constamment récités ! Le Prophète Muhammad (pbdl) nous enseigne qu’il s’agit là des sept versets qui composent sourate al-Fâtiha. Je me suis souvent demandé pourquoi le Prophète Muhammad (pbdl) était si différent en récitant sourate al-Fâtiha, car il l’a toujours récitée chaque verset séparément.

[…] La réponse est qu’il y a Sept Versets qui se rapportent à Sept Cieux. C’est que la sourate al-Fâtiha n’est pas seulement Fatihatul Kitab, mais aussi Fatihatus Samawat [celle qui ouvre les Cieux]. Chaque verset de la sourate al-Fâtiha ouvre un des Sept Cieux et à la fin de la récitation, si nous disons « Amîn » [Amen], et que nous n’avons pas d’argent provenant du haram dans la poche, que nous payons le domestique africain à un salaire honorable, que nous ne laissions pas tromper par la murabaha (qui prétend être halal mais qui est en réalité de l’usure dissimulée, et c’est ce que font toutes les banques islamiques), ainsi donc, si nous remplissons ces conditions, notre Fâtiha atteindra le Trône.

Si al-Fâtiha débute la salât [prière], la rak’a’ [unité de prière] et que nous la récitons chaque verset pris indépendamment des autres avec le cœur – c’est ce qu’on appelle vivre sa religion* – alors notre récitation va monter dans les Cieux; alors nous ne penserons plus aux embouteillages dans lesquels nous étions avant d’arriver à la maison, nous ne penserons plus au business qu’on aurait du faire ou qu’on devrait faire, ou encore à « elle n’aurait pas du mettre tant de poivre dans le plat« . Si donc nous nous concentrons sur chaque verset de la sourate al-Fâtiha, notre récitation sera comme transportée à travers les Cieux. Et quand nous arriverons au amîn, nous serons psychologiquement transportés au Trône. Et c’est dans cette situation sublime que le reste de la récitation de la rak’a’ se produit. On comprend désormais pourquoi le Prophète Muhammad (pbdl) dit :

La Salât est le Mi’raj [ascension] du croyant.

Cela signifie que la salât pourrait être la porte par laquelle la Lumière entrerait dans le cœur. Ainsi, la Lumière descend du Trône à travers les Sept Cieux et finirait dans le cœur du croyant. Et quand cette Lumière pénètre dans le cœur, c’est que la tazkiyya est faite, venons-en à l’Ihsân.

Qu’est-ce que l’Ihsân [excellence] ? Lors de la dernière partie de la vie du Prophète (pbdl), après qu’il ait accompli le Pèlerinage et revenu à Médine, il ne lui restait environ que 81 jours dans sa vie bénie. C’est durant cette époque que les compagnons étaient assis à la mosquée avec le Prophète qu’un étranger vint. Il était de blanc vêtu, ses cheveux étaient noirs mais il était étranger – nul ne le connaissant. Donc si vous êtes un étranger, cela signifie que vous venez d’ailleurs. En ces temps, point de climatisation automatique dans sa Toyota ou sa Honda. Il a donc fallu traverser le désert sur un chameau. Ainsi, si vous êtes étranger, vous devez venir d’ailleurs et avoir de la poussière sur vos vêtements, des cernes, de la barbe, etc. Il n’avait pourtant pas une particule de poussière sur lui. Il n’était pas venu de l’extérieur de Médine et il n’était pas non plus résident de Médine. Alors, d’où provient-il ? Du Ciel ? Ce devait être un moment chargé de suspens. Car il y a quelque chose d’embarrassant, de déconcertant, de mystérieux, d’énigmatique. Un moment inoubliable. La Sagesse Divine est en action.
L’étranger s’avança à travers l’assemblée jusqu’au Prophète, il s’assit devant lui, les genoux contre les genoux et nul ne fit mouvement, ce qui constitue une grave faille de sécurité. En effet, Muhammad (pbdl) était le chef d’État et le Prophète de Dieu, et les musulmans venaient tout juste de conquérir la Mecque, ce qui ne manquait pas de mettre en rogne les païens d’Arabie. Ainsi, cet étranger aurait pu être un assassin, probablement envoyé par Washington, et si il avait brandi une dague, nul n’aurait pu l’en empêcher. Donc c’est un grand manquement inexplicable à la sécurité car les compagnons sur Prophète étaient presque en compétition pour le protéger. Ainsi, le caractère embarrassant, déconcertant, mystérieux et énigmatique augmente. Donc l’étranger commence à poser des questions, il lui pose des questions à propos de l’islam, la religion. Il lui pose des questions tout en connaissant les réponses. Qu’est-ce que cela ? Nous savons que nous ne poserons des questions au Messager de Dieu quand on ne connaît pas la réponse. Mais quand on connaît déjà la réponse et qu’on l’interroge et que lorsqu’il donne la réponse, on lui répond que sa réponse est correcte : que sommes-nous ? Un professeur et lui est un étudiant ? L’intrigue se renforce. Qu’est-ce que l’Islâm ? Qu’est-ce que l’Imân [la foi] ? Qu’est-ce que l’Ihsân [l’excellence] ? Quand viendra le Jour du Jugement Dernier ? Quels en seront les signes ? A chaque fois qu’une réponse était formulée, « Ta réponse est correcte ». A la fin des cinq questions, il se leva et partit, de la même manière qu’il entra, sans cérémonie aucune. « Il nous laissa bouche bée, sans pouvoir prononcer mot ! » Qui était-ce ? Alors le Prophète se tourna vers Omar. « O Omar, sais-tu qui il était ? » « Dieu et Son Messager savent mieux – nous ne savons qui il est. » « C’était Gabriel [l’Archange]« , dans un unique moment de l’histoire. Cela ne s’est jamais produit auparavant et ne se reproduira pas. C’est le seul moment dans toute l’histoire dans lequel Gabriel vint dans la forme d’un être humain, non pas devant une seule fille pour lui annoncer « Tu enfanteras d’un garçon [il s’agit de Jésus et de l’Annonciation – NDT] » qui lui répondit « Comment donc pourrai-je enfanter puisque qu’aucun homme ne m’a touchée ? » Pas ce genre d’entrevue. Car là nous parlons d’une rencontre devant tout le monde.

« C’était Gabriel et il est venu vous instruire sur votre dîn [religion]. » Cela s’est passé après que Dieu ait envoyé une révélation déclarant :

Aujourd’hui, J’ai amené votre religion à son point de perfection ; Je vous ai accordé Ma Grâce tout entière et J’ai agréé l’Islâm pour vous comme religion. »
Sourate 5 – Verset 3

« Aujourd’hui » – la mission est donc désormais accomplie.
« J’ai amené votre religion à son point de perfection […] tout entière. » Après ceci, maintenant Gabriel ? Il doit sûrement y avoir une chose d’une importance cruciale, que Dieu devait garder jusqu’à ce que Gabriel vienne parfaire le dîn. Qu’est-ce donc ?

Mon professeur Maulana Fazlur Rahman Ansari, lors d’une de ses plus éminentes leçons, dit : « Ne prenez ni n’étudiez jamais aucun hadîth [discours, ou fait rapporté, et on sous-entend là très généralement du Prophète (pbdl) – NDT]isolément ; considérez plutôt l’entièreté du corpus en relation avec lui, étudiez-le en établissant les connexions nécessaires entre les hadîths relatifs à un même sujet. » Ce sujet qui les lie dans un ensemble, il l’appelle système de sens. Quand vous avez déterminé le système de sens, il est désormais possible de revenir sur le hadîth pris seul pour l’étudier.
Ainsi considérons ces questions comme un tout. De cette manière, nous constatons qu’elles sont divisées en deux parties. La première partie se compose de « Qu’est-ce que l’Islâm? Qu’est-ce que l’Imân ? Qu’est-ce que l’Ihsân ? » constitutives des trois stades de la religion. La seconde partie : « Quand viendra le Jour du Jugement Dernier ? Quels en sont les signes ? » En d’autres mots cet évènement-hadîth nous indique que lorsque cette époque viendra, c’est-à-dire celle du maléfique instigateur [Dajjâl] qui commencera à prendre le contrôle du monde et quand le paraître et l’être seront totalement opposés, quand les choses ne seront pas ce qu’elles sont, nous devrons alors prendre exemple sur notre Prophète Muhammad (pbdl) quand il leva ses mains et implora son Seigneur en ces termes :

O Notre Seigneur ! Par Ta Bonté, montre nous les choses telles qu’elles sont.

Ainsi nous ne pourrions pas être trompés par ce qui semblerait être. Quand cette époque viendra, quand les femmes seront habillées et tout de même nues, quand cette époque viendra et que les femmes s’habilleront comme les hommes, avec une veste et un pantalon et parfois même une cravate, quand les gens auront en fin de compte des rapports sexuels en public comme les ânes, quand l’alcool sera presque universellement consommé, quand la riba [l’usure] sera si présente à travers le monde qu’on ne trouvera pas une personne qui ne soit en train d’en vivre ! Et même si un homme dit « Je n’y touche pas !« , au moins la vapeur, la poussière de riba sera sur lui [il en consommera alors malgré lui, puisque toute la monnaie provient de la banque centrale qui le prête à intérêts – NDT]. Quand cet âge viendra donc, quand le temps semblera s’écouler de plus en plus vite, une année s’écoulant tel un mois, un mois tel une semaine, une semaine tel un jour et un jour tel une heure et une heure telle… Les seuls qui survivront à cette époque seront ceux qui auront été capables de voir toute la tartufferie de cette époque et qui ne se feront pas avoir. Ils seront ceux qui seront capables d’appréhender la réalité des choses en cette époque, ils seront ceux qui voient avec la Lumière de Dieu, ils seront ceux qui auront voyagé de la route de l’Islâm à celle de l’Imân puis celle de l’Ihsân. Ainsi, quand on lui demanda : « Qu’est-ce que l’Ihsân ? » Le Prophète répondit :

Que tu adores Dieu comme si tu Le voyais car bien que tu ne Le voies point, Lui te voit parfaitement.

Quand le Prophète Moïse était sur le Mont Sinaï, il s’adressa à Dieu et dit :

Seigneur, Montre-toi à Moi pour que Je Te voie !
et Dieu répondit :
Non, tu ne Me verras pas [i.e. pas avec ces yeux].

Comment donc adorer Dieu comme si je Le voyais alors qu’il est impossible de Le voir ? Ceci est une excellente question.

Les compagnons du Saint Prophète (pbdl) en vinrent à lui poser la question.

Avez-vous une quelconque difficulté à voir le soleil à son zénith ? »
« Non », répondirent-ils.
« Avez-vous une quelconque difficulté à voir la lune quand elle est pleine ? »
« Non. »
« C’est ainsi que vous verrez votre Seigneur au Jour Dernier.

Le Coran écrit : « Tu ne Me verras pas » or comment un hadith peut-il affirmer « vous Le verrez » ? Il semble y avoir une contradiction. Comment la résoudre ? Si nous ne pouvons Le voir avec ces yeux, peut-être avons-nous d’autres yeux ? Il n’y a pas de question plus importante que celle-ci en l’époque présente. Maintenant vous commencez à comprendre le véritable but de cette assemblée. Avons-nous d’autres yeux ? d’autres oreilles ?

C’est – voici un grand mot – l’épistémologie, consistant en l’étude de la connaissance. Qu’est-ce que la connaissance ? Qu’est-ce qui la rend possible ? D’où provient-elle ? L’instigateur maléfique [Dajjâl], qui essaie de prendre le contrôle du monde dans l’époque de fin des temps, soutient que la connaissance ne provient seulement que de sources extérieures – connaissance extérieure. Le Coran dit non et établit une autre épistémologie.

Que ne parcourent-ils la Terre pour acquérir des cœurs aptes à comprendre et des oreilles aptes à entendre ?
Sourate 22 – Verset 46

Quand le cœur mort revient à la vie, il sera capable de comprendre avec le cœur ce qui était incompréhensible auparavant.

Quand le cœur mort vient à la vie, il sera capable d’entendre ce qu’il ne pouvait entendre :

En vérité, ce ne sont pas les yeux qui se trouvent atteints de cécité, mais ce sont les cœurs qui battent dans les poitrines qui s’aveuglent.

Ainsi quand la Lumière de Dieu descend, elle n’atterrit que dans le cœur qui a de la foi. Quand nous disons de notre bouche « Nous adorons Notre Seigneur » mais en fait dans le cœur nous adorons notre compte en banque – ce n’est pas la foi. C’est comme le riche notable dans la sourate 18 (la Caverne). Il adore Dieu du bout des lèvres mais dans son cœur, il adore ses deux jardins, c’est-à-dire sa richesse. Ce n’est pas cela la foi. Quand la foi pénètre dans le cœur, quand nous adorons sincèrement Dieu – et Il le saura si nous l’adorons sincèrement -, quand la guerre contre l’Islam commencera nous saurons qui sont ceux qui chercheront une couverture et qui diront « Non! si je vais par là, je n’aurai pas mon visa américain. Le visa américain m’est plus important que de servir Dieu. Si je vais par ici, je n’aurai pas ma carte verte [permis de travail aux USA – NDT], mon business sera saisi et ils me traiteront de terroriste. » Il en viendront très vite à dire : « Non! Pas moi! » et en arriver à déclarer à Dieu : « Non! Nous ne pouvons continuer à Te servir.«

Mais quand il y a la véritable foi dans le cœur, alors vous aurez une volonté de fer et d’acier, non pas de papier recyclé. Vous serez un homme avec un pantalon, pas un short. Cette assise a la volonté de produire des hommes de fer et d’acier, non pas des hommes de papier recyclé. Si cette assise spirituelle est tenue chaque semaine, et que nous demeurons des hommes de papier recyclé, alors notre assise n’est rien d’autre qu’un acte mécanique; non pas un acte dynamique produisant des hommes de fer et d’acier. Quand donc il y a la foi dans le cœur, Dieu vous teste. Et si vous réussissez ces tests, ces épreuves, alors la Lumière de Dieu pénètre le cœur, vous rendant apte à voir et à n’être point trompé par le paraître. […]

Que se passe-t-il quand nous avons de la lumière de Dieu dans le cœur ? Que se passe-t-il quand nous voyons ce que nous ne pouvions voir et que nous ne sommes plus trompés ? Laissez-moi finir par cet exemple.

Tous le monde sait ce qu’est qu’une vente à crédit. Il s’agit d’une vente qui vous octroie un certain délai pour payer. Le Prophète Muhammad (pbdl) était habitué à acheter des biens sans avoir l’argent pour payer cash et un commerçant juif lui a octroyé un délai pour payer. Ainsi, une vente à crédit est tout à fait halal [permis en islam]. Mais nulle part vous ne trouverez que le commerçant était autorisé à augmenter son prix quand la vente devenait une vente à crédit. Le prix cash et le prix à crédit doivent être strictement les mêmes. Parce que si le prix à crédit est plus élevé que le prix cash, cela signifierait que l’argent peut croître du simple fait du temps – et cette conclusion coule de source. Il faut attendre pour encaisser – donc du fait du temps qui m’est alloué, je dois payer davantage. C’est riba [usure] ! N’êtes-vous pas d’accord avec cela ?! Si il dois attendre pour recevoir l’argent – je dois payer davantage car je fais attendre, donc cela signifie que le temps équivaut à de l’argent. C’est riba ! La définition de l’usure en Arabie était que si on doit attendre pour son argent, on était fondé à obtenir un surplus. C’était de l’usure à La Mecque, et de même qu’à Médine. Ainsi le prix à crédit et le prix cash doivent strictement être les mêmes. Le Prophète a pourtant averti :

Vous suivrez pas à pas ceux qui vous ont précédés [juifs et chrétiens] à un tel point que s’ils s’enfonçaient dans un trou de lézard, vous les suivriez.

Voilà où nous en sommes de nos jours. Tout ce monde de banques prétendument islamiques est en train de prêter de l’argent à intérêt en le déguisant comme étant une vente, l’affublant du nom de murabaha. Non ce n’est point de la murabaha, c’est de la riba [usure]. Les banques commerciales conventionnelles vous prêtent de l’argent par devant, en toute clarté ; les banques islamiques vous la font à l’envers. Ils appellent leur produit murabaha. Si vous ne vous fiez qu’à la connaissance extérieure, vous serez dupés. Mais si vous être dans la halaqa [le commencement du cheminement spirituel] et que la Lumière de Dieu vient à vous et que vous devenez apte à voir à travers Elle, alors vous ne serez pas trompés. Alors vous serez apte à reconnaitre l’usure dans cette prétendue murabaha.
Imaginons une maison en vente pour 500 000 euros et que vous n’ayez pas le cash pour la payer. Mais le prix cash est de 500 000 euros. C’est le prix du marché. Pierre, Paul, Jacques : tous le savent, sauf peut-être le banquier. Ainsi, je me rends à la banque prétendument islamique. Là-bas on me dit : « Pas de problème! Nous achetons la maison pour 500 000. » C’est un mensonge car ils n’achètent pas la maison – la banque n’a aucun droit de propriété sur la maison ! Absolument aucun ! C’est un mensonge ! La banque vous dit : « Nous achetons la maison 500 000 et nous vous la revendons 1 000 000 €. Nous vous octroyons 20 ou 30 ans pour payer. » Ainsi le prix à crédit est de 1 000 000 €, parce que c’est une vente à crédit. Mais le prix cash est de 500 000! Pourquoi devrais-je payer 1 000 000 une maison dont le prix est de 500 000 ? Il n’y a qu’une seule et honnête réponse à cette question. Je dois payer 1 000 000 parce que vous me donnez du temps pour payer. Ainsi la différence entre le prix à crédit et le prix cash est du fait du temps. C’est de l’usure ! Ce qui est amusant c’est que tous ces mouftis [théologiens musulmans] – ne donnons pas de noms – émettent des fatwas [décrets-avis religieux musulmans sur le haram et le halal] qui vous disent que c’est halal. Le Prophète Muhammad (pbdl) nous a averti à propos de cela : une époque d’aveuglement spirituel, d’aveuglement interne et d’explosion de la connaissance empirique et extérieure. Ainsi, Mouftis, Maîtres et Soufis à travers le monde (car il y a même des théologiens soufis dans le lot), tous spirituellement aveugles, déclarent cela halal alors que c’est de l’usure. Je vous ai donné seulement un exemple, alors qu’il y en a tellement d’autres.

[…]

Seigneur Dieu ! Par Ta Bonté infinie, montre-nous les choses telles qu’elles sont ! [Allahumma arinal ashia’qa ma’i]

Je prie Dieu afin qu’Il puisse tous vous bénir et vous permettre d’accéder à Sa Sainte Lumière, d’être Bénis par Elle et d’être capables de voir à travers Elle.
Ce texte est une traduction (http://agesc.wordpress.com/) d’une retranscription orale d’une réunion du cheikh Imran Hosein.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *